17 juin 2007

Des expressions

medium_vagueo.5.jpgJulien demandait sur ce blog des précisions sur l'expression "au temps pour moi". Une très bonne idée qui me permet de vous présenter aujourd'hui 3 expressions dont on ne soupçonne pas la bonne orthographe...


"Au temps pour moi"
Selon l'Académie française, cette expression est issue du langage militaire, où au temps ! se dit pour commander la reprise d’un mouvement depuis le début (au temps pour les crosses, etc.). De ce sens de C’est à reprendre, on a pu glisser à l’emploi figuré. On dit "Au temps pour moi" pour admettre son erreur, et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début. L’origine de cette expression n’étant plus comprise, la graphie Autant pour moi est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie.

"Faire bonne chère"
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette locution n'a aucun rapport avec la chair (ce n'est pas de bonne viande qu'il s'agit). La chère, qui vient du latin cara, signifie le visage. "Faire bonne chère" c'est donc faire bon visage, généralement en signe d'amitié.

"Bayer aux corneilles"
Il y a bâiller et bayer... Bâiller d'ennui ou de sommeil, et bayer, issu de béer, qui veut dire tenir la bouche ouverte (rester bouche bée, la gueule béante...). "Bayer aux corneilles" signifie donc regarder niaisement. Pourquoi les corneilles ? Parce qu'elles sont en l'air et que ça donne l'air encore moins futé...

28 mai 2007

Ces homonymes que l'on confond souvent... (suite)

Continuons sur des homonymes lexicaux :

raisonner / résonner
- raisonner, dérivé de raison = réfléchir (ex. le directeur ne raisonne qu'en termes de rentabilité).
- résonner = retentir, renvoyer le son (ex. nos voix résonnent en écho).

repaire / repère
- un repaire = un abri, une cachette, un refuge (ex. les malfaiteurs se sont retranchés dans leur repaire).
- un repère = une marque, un jalon, une référence (ex. un enfant a besoin de repères).

sensé / censé
- sensé, dérivé de sens = sage, raisonnable, réfléchi (ex. ses paroles ne sont pas sensées).
- censé = supposé, réputé (ex. il n'est pas censé être ici).

tribu / tribut
- une tribu, de la famile de tribal, désigne un groupe de personnes (ex. nous avons rencontré une tribu Karen).
- un tribut, issu de contribution, de tributaire, désigne ce que l'on doit donner (ex. ils apportent leur tribut aux vainqueurs).

voire / voir
- la conjontion voire, qui unit deux mots, peut être remplacée par "et même" ou "peut-être même" (ex. cela lui prendra deux mois, voire trois, pour atteindre le pôle nord).
- on a affaire au verbe voir si on peut le remplacer par un autre verbe (ex. il faut le voir / vivre pour le croire).

18 mai 2007

Ces mots-là prennent un trait d'union

En voici une première série :

à-coups
(à) grand-peine
après-demain
après-midi (qui peut être féminin ou masculin)
avant-hier
bon-chrétien (variété de grosses poires à chair juteuse)
bonheur-du-jour (petit bureau à tiroirs)
branle-bas
bric-à-brac
couci-couça
cou-de-pied (la partie du corps)
ex-voto
garden-party
jusque-là
lèche-vitrines
lieu-dit (s'écrit aussi lieudit)
m'as-tu-vu
pêle-mêle
quatre-quarts
quelques-uns
réveille-matin
rez-de-chaussée
sur-le-champ

26 mars 2007

La bonne expression

medium_flan.4.jpgOn utilise beaucoup d'expressions françaises à l'oral, mais savons-nous toujours bien les écrire ? On peut avoir quelques surprises !



À contrecoeur (contre son envie)
À la queue leu-leu (en file indienne)
À la Saint Glin-Glin (c'est-à-dire jamais)
À tire-larigot (en faire beaucoup, en faire trop)
Aller à vau-l'eau (sans contrôle, n'importe comment)
Aller au diable vauvert (très loin)
Année sabbatique (de congé)
Aux calendes grecques (jamais, les calendes étant romaines)
Battre à plate couture (battre complètement quelqu'un)
C'est du flan (c'est n'importe quoi)
C'est un Nicodème (nigaud, simple, borné)
Ca date de Mathusalem (très vieux, très ancien)
En faire un pataquès (faire toute une histoire)
En son for intérieur (au fond de soi)
Etre bouché à l'émeri (particulièrement borné)
Etre dans la dèche (dans le besoin, sans le sou)
Etre mis au pilori (être livré à la vindicte populaire)
Gloubi-boulga (mélange infâme)
N'en pouvoir mais (ne rien y pouvoir)
Nec plus ultra (le top)
Pas piquer des hannetons (peu commun)
Passer par les fourches caudines (subir la volonté de quelqu'un)
Se faire du mouron (se faire du souci)
Sonner l'hallali (approche de la fin)
Tomber de Charybde en Scylla (aller de mal en pis)
Tord-boyau (quelque chose de difficile à avaler)
Un faux jeton (hypocrite)
Une vérité de La Palice / Une lapalissade (une évidence)
Vouer aux gémonies (considérer avec le plus grand mépris)

20 février 2007

Accent tréma ?

L'accent tréma se place sur les voyelles e, i et u pour indiquer que la voyelle qui les précède immédiatement doit être prononcée séparément.

L'accent tréma sur le « e »
ex. aiguë, ambiguë, exiguë, contiguë, ciguë, canoë, Israël, Noël.
Remarque
Le ë n'est pas prononcé dans Mme de Staël, Saint-Saëns.
Mais on a
goéland, goélette, goémon, moelle, poêle, poème, poésie, israélien.

L'accent tréma sur le « i »
ex. ambiguïté, exiguïté, aïeul, faïence, égoïste, haïr, maïs, ouïe, inouï, coïncider, coïnculpé.
Mais on a
coincer, Saigon, séquoia, Hanoi, oui, ouistiti, éblouir.

L'accent tréma sur le « u »
ex. Saül, Esaü, capharnaüm.

15 février 2007

Ces homonymes que l'on confond souvent...

Nous avons déjà vu quelques homonynes grammaticaux, voici maintenant des homonymes lexicaux :

ancre / encre
- l'ancre d'un bateau (ex. le bateau a levé l'ancre).
- l'encre d'un stylo (ex. j'utilise un stylo d'encre bleue).

balade / ballade
- une balade = une promenade (ex. j'ai fait une belle balade à Gâvres).
- une ballade = un poème, une pièce musicale (ex. il lui a chanté une ballade romantique).

différend / différent
- différend = désaccord (ex. leur différend date de 2 ans).
- différent = autre, pas pareil (ex. son costume est différent).

glaciaire / glacière
- l'adjectif glaciaire fait référence aux glaces et aux glaciers (ex. l'ère glaciaire).
- la glacière conserve au froid (ex. l'eau est dans la glacière).

pause / pose
- une pause = un arrêt (ex. prendre une pause de 10 mn).
- la pose désigne l'action de poser (ex. prendre la pose).

21 janvier 2007

"quelques" ou "quelque" ?

On écrit quelques quand il a le sens de :
- "plusieurs"
ex. cela lui a coûté quelques centaines d'euros
- "un petit nombre de"
ex. seulement quelques personnes ont assisté à ce spectacle

On écrit quelque :
- quand il signifie "un(e) certain(e)" ; "un(e) quelconque"
ex. si vous voyez quelque avantage à l'inviter à cette soirée
- quand il signifie "environ" (devant un nombre)
ex. une société de quelque deux mille salariés
- dans les locutions "quelque peu", "quelque chose", "quelque part", "quelque temps" et "en quelque sorte"
ex. je suis quelque peu inquiète
ex. tu y comprends quelque chose ?
- dans l'expression "quelque... que"
ex. quelque direction que vous preniez

Attention !
Ne pas confondre avec l'expression "quel(le) que soit"
ex. quelle que soit votre décision
ex. quel que soit son rang social

Testez-vous !

Remplacez les espaces par "quelque" ou quelques" :
- il ne reste plus que ... problèmes à résoudre
- les ... trente à quarante comédiens présents
- les ... techniciens qui ont travaillé
- ... excellents qu'on les trouvât
- elle a tenu compte de tes ... remarques
- ... temps plus tard
- si vous avez ... hésitation
- je les trouve ... peu tendus

Réponses :
- il ne reste plus que quelques problèmes à résoudre
- les quelque trente à quarante comédiens présents
- les quelques techniciens qui ont travaillé
- quelque excellents qu'on les trouvât
- elle a tenu compte de tes quelques remarques
- quelque temps plus tard
- si vous avez quelque hésitation
- je les trouve quelque peu tendus

02 décembre 2006

Ces homonymes que l'on confond souvent... (suite)

Continuons d'identifier les homonymes grammaticaux :

ou / où
- la conjonction ou indique une alternative ou une équivalence et peut se remplacer par "ou bien" (ex. tout n'est pas blanc ou noir).
- marque le lieu, le temps ou le but (ex. là où ; le jour où l'on s'est rencontrés ; où cela te mènera-t-il ?).

plutôt / plus tôt
- l'adverbe plutôt peut se remplacer par "de préférence à" quand il marque la préférence (ex. je mangerais plutôt une banane), et par "assez", "un peu" quand il vient renforcer le mot qui suit (ex. c'est plutôt drôle !).
A noter : l'expression "ou plutôt" qui signifie "en réalité", "pour mieux dire" (ex. elle est partie, ou plutôt s'est enfuie).
- plus tôt s'oppose à "plus tard", par lequel on pourrait le remplacer (ex. ils sont nés plus tôt que prévu).

pourquoi / pour quoi
- pourquoi introduit une question, ou s'utilise après "c'est" pour l'expression d'une conséquence (ex. je me demande pourquoi elle est partie si vite. C'est pourquoi je ne le crois pas).
- pour quoi signifie "dans quel but ?" (ex. pour quoi faire ?).

près / prêt
- près signifie "non loin de" et peut éventuellement être suivi de "de" (ex. elle est assise tout près (de son père)).
- prêt, qui signifie "disposé à, décidé à", peut éventuellement être suivi de "à" et devient "prête" au féminin (ex. je me tenais prêt (à répondre)).

quand / quant
- on écrit quand dans 3 cas : si on peut le remplacer par "lorsque", s'il interroge sur le temps ou s'il est suivi de "même" ou "bien même" (ex. quand part-elle ? elle partira quand elle en aura envie. Quand bien même elle parte aujourd'hui, les vacances seront ratées).
- quant, toujours suivi de "à", peut se remplacer par "en ce qui concerne" (ex. quant à lui, je ne veux plus le voir non plus).

27 octobre 2006

Ces homonymes que l'on confond souvent...

Voici une première série d'homonymes grammaticaux :

a / à
- a, du verbe avoir, peut se remplacer par "avait" (ex. elle a du courage).
- la préposition à introduit un complément d'objet indirect ou d'attribution, et peut exprimer un rapport de lieu, de temps, de destination, de possession, de moyen, de manière, de prix (ex. vivre à Montréal ; ce stylo est à moi ; difficile à faire).

davantage / d'avantage
- davantage peut se remplacer par "plus" (ex. en souhaitez-vous davantage ?).
- d'avantage peut se remplacer par "d'intérêt" (ex. Il n'y a pas d'avantage à continuer dans cette voie).

hors / or
- la préposition hors exprime l'idée d'exclusion, d'extériorité et peut se remplacer selon le sens par "hormis", "à part" ou "en dehors de" (ex. hors concours ; hors de question ; hors d'usage).
- la conjonction de coordination or peut se remplacer par "et", "mais" ou "en plus" (ex. c'est un triangle, or ses côtés sont égaux, donc c'est un triangle équilatéral).

ni / n'y
- la conjonction ni exprime une négation et s'emploie souvent par paire avec la négation "ne" (ex. elle n'a laissé ni son nom ni son adresse).
- n'y est la contraction de ne + y (ex. le loup n'y est pas).

notre / nôtre
- notre est toujours suivi d'un nom et peut se remplacer au pluriel par "nos" (ex. c'est notre maison).
- nôtre est toujours précédé de le ou de la et devient "nôtres" au pluriel (ex. c'est la nôtre).
A noter : même règle pour votre / vôtre